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Anthropocène

Anthropocene 1

 

Séance du 17 mars 2020

Intervenant : Diégo Landivar

Animisme, patrimoine ou communs face à l'anthropocène.
 

Nous chercherons à sonder ce qui rapproche les opérations politiques de l’animisme amérindien, celles du patrimoine et celles de la philosophie des communs. Bien évidemment il serait vain de chercher abusivement à rassembler ces trois mouvements dans une filiation épistémique commune, mais, face à l’urgence climatique et écologique, il semble que tous trois figurent comme nouveaux horizons politiques de notre époque. Plus précisément ce que j’essaierai de démontrer c’est que les trois concepts appellent à la construction de nouveaux assemblages cosmopolitiques face au libéralisme tardif et à l’effondrement écologique et cosmologique qu’il engendre. Nous entendons par assemblages cosmopolitiques les différentes stratégies conduites par des collectifs au Sud comme au Nord pour repenser les périmètres de la politique à partir d’attachements entre humains et entités du monde (non humains, objets, divinités, territoires,…). On ne cherchera donc pas à restituer un travail d’enquête minutieux mais plutôt à livrer quelques intuitions anthropologiques sur la bataille ontologique que le monde actuel est en train de vivre. Car nous partirons bien de l’hypothèse qui consiste à dire que les effritements écologiques engendrent irrémédiablement une bataille sur ce qui compte, sur ce qui est, sur ce qui est digne d’être soutenu, sur ce à quoi nous sommes prêts à renoncer, dans un monde en décomposition. Ici un arbre, au Brésil la forêt amazonienne et les entités qu’elle loge face à Bolsonaro, là une zone à défendre contre un aéroport, dans les alpes des glaciers qu’il faut non plus sauver mais dont il faut savoir hériter leurs disparition, en Equateur une rivière sujet de droit qui se défend dans un procès, etc. Communs, animisme, patrimoine sont, de notre point de vue, des contestations ontologiques (ONTOLOGICAL RECLAIMS) qui visent à intensifier l’existence d’objets, artefacts, territoires, entités non-humaines ou encore divinités. Nous essaierons de comprendre en quoi elles participent d’un même mouvement de redignification/revitalisation du monde,  face à l’opération ontologique du néo-libéralisme, avant de saisir leurs fragilités et comprendre les conditions de leur généralisation et radicalité. 

 

Séance du 5 mai 2020

Intervenant : Emmanuel Bonnet

 

Défaire les images du monde organisé : apprendre à voir l’intolérable dans l’Anthropocène

Les organisations ont souvent été définies comme des actions collectives organisées qui constituent le monde humain. De ce point de vue, le monde c’est le monde organisé. Face à « l’urgence climatique » l’organisation c’est ce qui reprend et répare la désorganisation du monde. L’Anthropocène est parfois associé à la prise en compte de nouveaux « objets » tels que par exemple le système-terre, le changement climatique, les limites planétaires, l’effondrement des sociétés thermodynamiques, l’acidification des océans. L’Anthropocène nous permet de nous engager dans un tournant différent en redéfinissant les principes et le périmètre d’action des organisations et en sollicitant une cosmologie alternative.   Peut-on appréhender ces objets avec les images du monde organisé ou faut-il abandonner les « clichés » qui nous empêchent de nous confronter à l’intolérable ? En nous appuyant en particulier sur la philosophie des images cinématographiques développée par Gilles Deleuze, nous questionnons une modalité d’apprentissage par des images-monde en rupture avec les images-clichés du monde organisé. Ce déplacement appelle une esthétique de l’apprentissage, une autre manière de sentir et d’apprendre à voir l’intolérable. Nous proposons de l’illustrer à partir d’extraits de films qui rendent manifeste cette rupture.

 

Séance du 26 mai 2020

Intervenant : Alexandre Monnin