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Anthropocene annonce

 

Anthropocène : nouveaux horizons politiques et philosophiques (1/3)

Diégo Landivar

Mardi 30 novembre

Nous chercherons à sonder ce qui rapproche les opérations politiques de l’animisme amérindien, celles du patrimoine et celles de la philosophie des communs. Bien évidemment il serait vain de chercher abusivement à rassembler ces trois mouvements dans une filiation épistémique commune, mais, face à l’urgence climatique et écologique, il semble que tous trois figurent comme nouveaux horizons politiques de notre époque. Plus précisément ce que j’essaierai de démontrer c’est que les trois concepts appellent à la construction de nouveaux assemblages cosmopolitiques face au libéralisme tardif et à l’effondrement écologique et cosmologique qu’il engendre. Nous entendons par assemblages cosmopolitiques les différentes stratégies conduites par des collectifs au Sud comme au Nord pour repenser les périmètres de la politique à partir d’attachements entre humains et entités du monde (non humains, objets, divinités, territoires,…). On ne cherchera donc pas à restituer un travail d’enquête minutieux mais plutôt à livrer quelques intuitions anthropologiques sur la bataille ontologique que le monde actuel est en train de vivre. Car nous partirons bien de l’hypothèse qui consiste à dire que les effritements écologiques engendrent irrémédiablement une bataille sur ce qui compte, sur ce qui est, sur ce qui est digne d’être soutenu, sur ce à quoi nous sommes prêts à renoncer, dans un monde en décomposition. Ici un arbre, au Brésil la forêt amazonienne et les entités qu’elle loge face à Bolsonaro, là une zone à défendre contre un aéroport, dans les alpes des glaciers qu’il faut non plus sauver mais dont il faut savoir hériter leurs disparition, en Equateur une rivière sujet de droit qui se défend dans un procès, etc. Communs, animisme, patrimoine sont, de notre point de vue, des contestations ontologiques (ONTOLOGICAL RECLAIMS) qui visent à intensifier l’existence d’objets, artefacts, territoires, entités non-humaines ou encore divinités. Nous essaierons de comprendre en quoi elles participent d’un même mouvement de redignification/revitalisation du monde,  face à l’opération ontologique du néo-libéralisme, avant de saisir leurs fragilités et comprendre les conditions de leur généralisation et radicalité. 

 

Vidéo de la conférence

 

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