Séance du 8 novembre

Mardi 8 novembre 2016 : Comment qualifier le totalitarisme, mal radical ou mal absolu ?

 

                 L’institution des camps, camps de concentration et d’extermination, n’est pas un excès mais la norme de ce qu’est une société totalitaire. La violence qui s’exerce en eux est sans équivalent dans la mémoire de l’humanité. Comment alors caractériser la nouveauté d’un tel déchaînement du mal ? H. Arendt utilise deux adjectifs : mal radical et mal absolu. Pourquoi cette hésitation ?

                L’objet de l’atelier sera de suivre sa réflexion qui part de la thèse kantienne du mal radical, la première dans le champ philosophique à admettre qu’il y a une positivité du mal. Mais il s’avère que ce concept de mal radical n’est pas à la mesure de l’expérience totalitaire, qu’il faut pour la comprendre aller au-delà jusqu’au concept d’un mal absolu, donc de se confronter à l’énigme d’un mal relatif à rien et à jamais refermé sur lui-même.

                Cette réflexion permettra de rencontrer le traitement philosophique de la question du mal et de comprendre en quoi l’expérience historique contemporaine l’a fondamentalement  renouvelée.

Texte de référence : H. Arendt, Le totalitarisme, ch. 3 Le totalitarisme au pouvoir.

 

Enregistrement sonore de la séance