Amartya Sen

Amartya Sen

Economiste et philosophe, né au Bengladesh dans une région aujourd’hui rattachée à l’Inde. Fait ses études, secondaires et universitaires en Inde avant de poursuivre à Cambridge (en économie) puis à Harward (éthique, epistémologie, philosophie politique).  Il a le prix Nobel d’économie en 1998. Les recherches de Sen visent à articuler économie et justice sociale: l’économie est pour lui indissociable de l’éthique.

BS retient d’abord d’Amartya Sen son approche par les capabilités.
(source http://wp.unil.ch/bases/2013/07/amartya-sen-et-les-capabilites/

http://www.jssj.org/article/liberte-capabilite-echelles-une-lecture-critique-damartya-sen-2/ )

Sen distingue ce qu’il appelle les fonctionnements (functionings) et les libertés.

Les fonctionnements de l’individu (functionings), c’est ce qu’il fait, cela dépend des droits d’accès (entitlements) dont il dispose (il a le droit de travailler, d’acheter, de vendre, …) et des choix qu’il fait (de travailler ou non, d’ acheter ou non, etc.). Les fonctionnements sont mesurables.

Libertés: la liberté peut être négative (il n’y a pas de règles d’interdiction de travailler, d’acheter, de vendre, etc.) ou elle peut être positive (c’est la capacité de faire quelque chose, de travailler, d’acheter, de vendre, etc.).  

Les capabilités (Capabilities) ne se réfèrent pas aux fonctionnements effectifs, mais aux possibilités (ou libertés positives) de choisir la vie que l’on souhaite mener. Par exemple, il existe une différence entre un moine qui jeûne et un pauvre qui a faim: aucun des deux ne se nourrit (donc on observe un fonctionnement identique mesurable par le manque de calories), mais pour l’un il s’agit d’un choix et pas pour l’autre. Pour l’un, le pauvre, il y a un manque de capabilités mais pas pour le moine. Fonctionnement et capabilités sont donc différents. Si l’on ne regarde que le fonctionnement, il est identique pour les deux personnages, mais leurs capabilités sont différentes. Pour l’économie classique, le moine et le pauvre consomment la même chose. Et l’indicateur fondamental de l’économie, la mesure du PNB (Produit National Brut) enregistre cette même consommation. Amartya Sen conteste cette façon de faire : pour lui, il faut tenir compte des « capabilités » qui sont à l’origine du fonctionnement. Il est en cela l’auteur et le promoteur d’un nouvel indicateur du développement à mettre à la place du PNB, l’Indice de Développement Humain (IDH).

Cet indice combine trois « capabilités » considérées comme essentielles : la santé, l’éducation et les ressources monétaires. Chaque dimension est évaluée via le recours à un indicateur élémentaire : l’espérance de vie (pour la santé), les taux de scolarisation et d’alphabétisation (pour l’éducation) et le revenu par tête en parité de pouvoir d’achat (c’est-à-dire en faisant en sorte que l’unité de monnaie ait le même pouvoir d’achat dans les pays comparés). L’IDH est le produit de la combinaison de ces indicateurs.

BS, fait référence à Amartya Sen lorsqu’il cite le fait que la durée moyenne de vie des bangladais victimes d’une pénurie alimentaire est supérieure à celles des habitants de Harlem. Les « fonctionnements » d’alimentation tels que mesurés par les statistiques donne un avantage considérable en faveur de Harlem alors même que le résultat global sur la mortalité est en faveur du Bengale. BS souligne que dans le cas des bangladais il y a des capacités, des savoir-vivre dans la nature enseignés de génération en génération qui leur permettent de survivre  alors que les habitants de Harlem ont perdu la capacité de se nourrir et de vivre correctement.

BS reprend encore la notion de capacitation comme l’un des objectifs du projet sur Plaine Commune, celui non pas de distribuer des revenus à ceux qui en manquent mais d’augmenter les capacités des individus à travailler, c’est-à-dire pour lui, « à s’individuer en individuant son milieu de travail et en se co-individuant avec des collègues de travail ».

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